Smic :16 euros de plus par mois, c’est tout.
mercredi 24 juin 2009
Pour la troisième année consécutive, et dans un contexte de crise qui dure, la hausse du Smic se limite au strict minimum légal. Son montant a été dévoilé lundi devant la Commission nationale de la négociation collective, où siègent syndicats, patronat et gouvernement. Cette revalorisation annuelle, applicable quels que soient l’âge, le secteur ou le lieu d’activité, prendra effet au 1er juillet. En l’absence d’un coup de pouce rendu au vu des indicateurs économiques publiés vendredi par le ministère de l’Emploi, cette hausse se limite, ont annoncé les syndicats, à 1,30%, soit 8,82 euros par heure, 1337 euros brut par mois. Le ministère du Travail, dans un communiqué suivant cette annonce, a préféré souligner que le pouvoir d’achat des salariés concerné serait ainsi "préservé et garanti".
Depuis le 1er juillet 2008, le Smic s’élève à 8,71 euros/heure, soit 1321,02 euros bruts mensuels (environ 1037 euros net) pour 35 heures hebdomadaires. La revalorisation du Smic dépend de l’évolution des prix à la consommation sur un an, hors tabac, pour les ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé. Mais comme cette évolution est négative (-0,2% de mai 2008 à mai 2009), l’administration en a fait abstraction cette année. S’ajoute ensuite la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO), soit 1,30% cette année, puisque le gain de pouvoir d’achat du SHBO a atteint 2,5% sur un an, selon les données publiées vendredi. A cette double indexation, inscrite dans la loi après mai 1968, peut ensuite, éventuellement, s’ajouter un coup de pouce gouvernemental. Ce qui n’est pas le cas cette année.
Une "injustice"
Dans sa plateforme de revendications, l’ensemble des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa) était pourtant unanime pour demander une revalorisation plus forte que ce maigre 1,25%, pour soutenir la consommation. La récession se nourrit notamment, selon les syndicats, de la faiblesse des salaires, qui a favorisé une spirale de l’endettement à l’origine de la crise aux Etats-Unis. Et quelque 3,4 millions de salariés sont rémunérés sur la base du salaire minimum interprofessionnel de croissance, dont 940.000 à temps partiel. Le secteur privé non agricole (hors intérim), compte environ 2,19 millions de smicards, soit 14,1% de ses salariés.
La CGT, pour un Smic à 1600 euros bruts, juge que le refus du gouvernement d’un effort supplémentaire de revalorisation est une "injustice" qui "fait reposer sur des millions de salariés faiblement rémunérés, souvent en emploi précaire et partiel, l’essentiel du poids de la crise". La CFDT a demandé au gouvernement "d’être logique" : "ou il augmente le Smic, ou il change le système d’aides aux entreprises totalement centré sur le Smic". Les entreprises perçoivent en effet plus d’allègements de cotisations pour les salariés qu’elles payent au Smic ou près du Smic. L’annonce de la revalorisation du Smic intervient le jour du discours de Nicolas Sarkozy devant les parlementaires en Congrès à Versailles, où le président devrait notamment revenir sur la crise. Après un discours à la tonalité sociale devant l’Organisation internationale du travail à Genève le 15 juin, plusieurs syndicats français ont appelé le chef de l’Etat à "ne pas se contenter de belles déclarations" ou ont pointé la contradiction avec les réformes conduites en France.
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