Le RSA étendu aux 16-25 ans ?.
mercredi 16 septembre 2009
Les 16-25 ans pourraient bientôt bénéficier du Revenu de solidarité active (RSA). C’est en tout cas ce que le quotidien économique « les Echos » l’affirme dans son édition de mercredi. Le RSA est accessible pour le moment à partir de 25 ans. Souhaité par le Haut Commissaire à la jeunesse Martin Hirsch, mis en place en juin 2009 et versé pour la première fois un mois plus tard, il est destiné aux anciens allocataires du RMI (Revenu minimum d’insertion), mais également travailleurs pauvres. Il constitue un complément de revenus estimé en moyenne à 110 euros par mois pour les travailleurs précaires qui sont estimés à 336 000 en France.
L’extension du dispositif aux jeunes entre 16 et 25 ans est directement issu des revendications nées du Livre vert de la jeunesse. Ce document a été élaboré après quatre mois de travail par la commission de concertation sur la politique de la jeunesse et rendu public le 7 juillet 2009 par Martin Hirsch lui-même. Parmi les 57 propositions retenues, 12 objectifs ont été fixés, dont la réduction de « la durée entre la sortie de formation initiale et l’obtention d’un emploi stable » et la possibilité de « donner à tous les jeunes les moyens de prendre en main leur existence ».
Pour l’instant, seuls les 16-25 ans ayant une charge de famille ont le droit de toucher le RSA. La même disposition existait pour le RMI. Mais des contradictions existent dans les dispositifs d’aide en direction des jeunes travailleurs. Ces derniers ne peuvent pas percevoir le RSA, mais ils peuvent toucher la prime pour l’emploi (PPE). Le Livre vert a ainsi mis en exergue des situations discriminatoires entre deux travailleurs âgés respectivement de 24 et 26 ans.
Martin Hirsch et son équipe travaillent actuellement au calcul du coût pour les finances de l’Etat de l’extension du RSA. Les premières hypothèses de travail privilégient les jeunes ayant déjà travaillé deux ans dans les trois dernières années. Pourquoi de telles conditions ? Deux années constituent une durée suffisamment courte pour prendre en compte la grande précarité des jeunes travailleurs qui enchaînent souvent CDD sur CDD en interim. La durée de deux ans permettrait aussi de s’assurer que le bénéficiaire est correctement et durablement inséré dans le marché du travail. C’est là toute la différence, philosophique et politique, entre un « RMI jeune » et un dispositif d’incitation au travail.
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